Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, ce mardi 29 septembre 2026, une résolution prolongeant de six mois le mandat de la Force de répression des gangs (FRG) en Haïti, soit jusqu’au 31 mars 2027. La résolution a recueilli 12 voix pour, aucune contre et trois abstentions, celles de la Chine, de la Russie et du Pakistan.
C’est à travers une note que l’information a été rendue publique le même jour.
Cette décision intervient à quelques jours de l’expiration du mandat initial de la FRG, autorisée en septembre 2025 pour remplacer la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS). La force doit notamment mener des opérations contre les groupes armés, contribuer à la sécurisation des infrastructures essentielles et faciliter l’accès humanitaire, en coordination avec la Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées d’Haïti (FAd’H).
Le texte adopté mardi demande également la poursuite de l’appui logistique et opérationnel des Nations unies à travers le Bureau d’appui de l’ONU en Haïti (UNSOH). Il insiste par ailleurs sur la nécessité de créer des conditions sécuritaires favorables à la tenue d’élections libres et crédibles.
Cette prorogation arrive alors que le gouvernement haïtien avait plaidé, lors de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, pour le renouvellement du mandat de la FRG et son déploiement complet.
Dans son intervention, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé avait insisté sur la nécessité de disposer d’effectifs, d’équipements et de moyens suffisants pour permettre à la force de remplir sa mission.
La décision du Conseil de sécurité s’inscrit toutefois dans un contexte sécuritaire toujours particulièrement difficile.
Selon les Nations unies, 1 408 personnes ont été tuées et 656 autres blessées entre avril et juin 2026 dans le cadre des violences liées aux groupes armés. Le BINUH avait également fait état, en août, d’une attaque meurtrière à Kenscoff ayant fait au moins 47 morts, dont cinq enfants.
La prorogation du mandat constitue ainsi un nouvel engagement international aux côtés d’Haïti, alors que les violences armées continuent de s’étendre et de provoquer des déplacements de population.
Elle intervient également à l’approche du premier tour des élections présidentielles et législatives, prévu le 13 décembre 2026, dans un pays où le rétablissement de la sécurité demeure l’un des principaux enjeux avant les prochaines échéances électorales.
