Le Conseil de sécurité des Nations unies a renouvelé, ce mercredi 14 octobre 2026, le régime de sanctions visant neuf personnalités et deux entités liées à la violence des gangs et à l’instabilité en Haïti.
Adoptée par 14 voix pour et une abstention, celle de la Russie, la résolution 2831 prolonge pour douze mois les mesures restrictives, notamment l’interdiction de voyager, le gel des avoirs et l’embargo ciblé sur les armes.
Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) a adopté cette résolution lors de sa 10 241e séance, consacrée à la situation en Haïti.
L’information a été rendue publique le même jour dans un communiqué de presse du Conseil de sécurité de l’ONU.
Selon les autorités russes, ces dispositions pourraient élargir les possibilités d’inscription sur la liste des sanctions au-delà des critères initialement établis.
Neuf personnalités toujours dans le viseur de l’ONU
Le renouvellement du régime de sanctions maintient les mesures visant neuf personnes déjà inscrites sur la liste des sanctions concernant Haïti. Parmi elles figurent plusieurs chefs de gangs armés, un ancien parlementaire ainsi qu’un ancien responsable de la sécurité présidentielle.
Il s’agit de :
Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », figure de la coalition criminelle Viv Ansanm ;
Johnson André, dit « Izo », chef du gang Village-de-Dieu ;
Renel Destina, surnommé « Ti Lapli » ;
Wilson Joseph, connu sous le nom de « Lanmò San Jou » ;
Vitelhomme Innocent, chef de gang ;
Prophane Victor, ancien député ;
Luckson Elan, chef du gang Gran Grif ;
Dimitri Hérard, ancien responsable de l’Unité de sécurité générale du Palais national (USGPN) ;
Kempes Sanon, chef de gang.
Ces personnes ont été inscrites sur la liste des sanctions à différentes dates entre octobre 2022 et octobre 2025. La résolution du 14 octobre 2026 ne constitue donc pas une nouvelle désignation de ces neuf individus, mais prolonge le régime de sanctions qui leur est applicable.
Viv Ansanm et Gran Grif également concernés
Deux entités figurent également sur la liste des sanctions : la coalition criminelle Viv Ansanm et le groupe armé Gran Grif, particulièrement actif dans le département de l’Artibonite.
La coalition Viv Ansanm rassemble des groupes armés impliqués dans des violences et des opérations criminelles dans plusieurs zones du territoire haïtien. Le groupe Gran Grif, quant à lui, est notamment associé aux violences commises dans l’Artibonite, où les populations civiles ont subi des attaques meurtrières et des déplacements forcés.
Le maintien de ces deux entités sur la liste des sanctions s’inscrit dans les efforts internationaux visant à limiter les capacités financières et opérationnelles des groupes armés, ainsi que les réseaux qui facilitent leurs activités.
Interdiction de voyager, gel des avoirs et embargo sur les armes
Le régime de sanctions concernant Haïti a été instauré en octobre 2022 par la résolution 2653 du Conseil de sécurité. Il prévoit notamment l’interdiction de voyager, le gel des avoirs et des restrictions relatives aux armes. L’embargo sur les armes a ensuite été élargi en 2023.
Ces mesures visent à restreindre les déplacements internationaux des personnes désignées, à empêcher l’accès aux ressources financières relevant des juridictions concernées et à limiter l’approvisionnement en armes des acteurs visés, conformément aux dispositions applicables.
La résolution 2831 renouvelle également le mandat du Groupe d’experts chargé d’assister le Comité des sanctions concernant Haïti pour une période de treize mois. Ce mécanisme joue un rôle important dans la collecte d’informations, le suivi de l’application des mesures et la documentation des réseaux susceptibles de contribuer à la violence et à l’instabilité.
Dans ses travaux récents, le Groupe d’experts a notamment souligné la résilience des gangs armés et l’existence de réseaux politiques, économiques et sécuritaires susceptibles de faciliter leurs activités. Il a également attiré l’attention sur les flux illicites d’armes et le recrutement d’enfants par les groupes armés.
La prolongation de ces sanctions maintient la pression internationale sur les personnes et les organisations mises en cause dans la déstabilisation d’Haïti. À travers ces mesures, le Conseil de sécurité entend poursuivre les restrictions visant les individus et les entités concernés, dans un contexte marqué par la violence des gangs armés et la persistance de l’insécurité dans le pays.
Rédaction: 1804 Infos
